Entendre cette foule, le long des allées. S'en aller vers le flou quand se tendre est inévitable. Fermer son livre, pages réunies, quand la foule silencieuse se résume à quelques voix.

Ne plus entendre mais écouter. Ecouter. Mais s'en foutre.
Ecouter contraints, contre la vitre, dents trop serrées, rester le regard traitre, à travers les reflets. Voir ceux qui importunent.

Ne plus voir mais regarder. Regarder. Mais s'enfuir.
Fuir la confrontation directe par ces miroirs au décor mouvant. Ne plus faire qu'écouter l'inintéressant et regarder ces fantômes d'inconnus qui nuisent.

Fulminer contre ces morceaux de foule qu'on voudrait lointains. Ne plus pouvoir échapper aux Charles, Rachel ou Sacha dont s'épanchent les fortunes. Retrouver des amis que l'on n'a jamais eus. Savoir comment ils vivent alors que vit en soi l'envie de sauver le héros de son livre.

Finir par reconstituer les histoires de ces fantômes. S'en faire un livre provisoire et non écrit dans un élan qui ne durera pas au-delà d'un trajet. Reporter le destin du héros pour plus tard. Devoir partir du train quand on est en train de voir partir ces spectres qu'on commençait à chérir...